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Clinique de traitement de l'alcoolisme et de la toxico-dépendance

Traitement des troubles alimentaires

Qu'est-ce qu'un trouble alimentaire?

Le terme 'trouble alimentaire' fait référence à une maladie psychologique qui touche les hommes et les femmes et qui comprend un large éventail d'habitudes alimentaires. Ce terme s’étend depuis la compulsion alimentaire jusqu’à l'anorexie. Le manuel de santé mentale de l'Association Américaine de Psychiatrie reconnaît trois types de troubles alimentaires (1). Ces troubles sont les suivants :

  • Anorexie nerveuse
  • Boulimie nerveuse
  • Frénésies alimentaires
  • Troubles de l'alimentation non autrement dénommés (TANAD)

Les troubles qui se produisent le plus souvent avec la consommation d'autres substances sont la boulimie nerveuse et le TANAD. Les personnes atteintes de troubles boulimiques, ont en général eu des problèmes d'anorexie par le passé. Un trouble alimentaire qui est devenu passif réapparaît souvent, suite au traitement contre l’abus d'une substance lorsque la personne ne consomme plus d'alcool ni de drogue.

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Anorexie nerveuse

L'anorexie nerveuse a comme principale caractéristique l'obsession de la perte de poids et une crainte irrationnelle de prendre du poids. Le poids perdu ne semble jamais suffisant et la personne souffrant de cette maladie voit toujours son corps aussi gros et laid, malgré le fait d'avoir minci.  Ces personnes limitent la quantité d’aliments qu'ils se permettent de prendre et il est possible de constater une pratique accrue de l’activité physique. Ils utilisent des amphétamines et des coupe-faim. Ils peuvent vomir, prendre des produits laxatifs, des lavements ou des diurétiques. Ils sont constamment préoccupés par les aliments et par la quantité de calories consommée.

Du côté psychologique, ces personnes ont peur de grandir, ont un comportement obsessionnel ou excessivement perfectionniste, souffrent de dépression et de manque d'estime de soi.

Boulimie nerveuse

La boulimie tourne donc autour d'un cycle de frénésie alimentaire (prendre de grandes quantités de nourriture dans un délai trop court), suivi d'un sentiment de perte de contrôle de la consommation alimentaire, ayant comme résultat des stratégies inappropriées pour compenser les calories qu'ils ont consommées. Les méthodes employées pour perdre du poids incluent : se purger en vomissant, prendre des produits laxatifs, des lavements et des diurétiques. L'activité physique accrue, la limitation de la prise d’aliments et l'utilisation de coupe-faims, sont aussi des moyens de contrôler le poids. Quelqu'un peut souffrir de boulimie pendant plusieurs années sans que sa famille ou ses amis ne remarquent aucune différence, car souvent les malades semblent manger normalement et ils ne perdent pas forcément trop de poids.

En ce qui concerne l'aspect psychologique, les personnes souffrant de boulimie nerveuse ont un tempérament impulsif, compulsif : pour eux la perte de contrôle alimentaire semble une perte du contrôle émotionnel et un manque d'estime de soi.

Frénésies alimentaires

Les symptômes caractéristiques des frénésies alimentaires sont : manger beaucoup plus rapidement que la normale et jusqu'à se sentir mal, trop manger même s'il n'y a pas de sensation de faim, manger seul parce qu’il est gênant de penser à la quantité de nourriture et parce que la personne se sent dégoûtée d’elle-même, dépressive ou coupable après avoir trop mangé.

Troubles de l'alimentation non autrement dénommés (TANAD)

Il est possible de parler de TANAD lorsque les caractéristiques d'autres troubles alimentaires sont présentes mais pas dans un degré suffisamment grave pour en caractériser un en particulier. Même s'il y a une perte de poids, le poids actuel de la personne semble normal, les frénésies alimentaires et les purges sont moins fréquentes, il se peut que la personne mâche et crache de la nourriture pendant ses frénésies alimentaires. Chez les femmes les menstruations continuent comme d'habitude.

Signes d'alerte

Les membres de la famille ou les amis peuvent remarquer des changements dans l'apparence et dans le comportement de quelqu'un ayant un trouble alimentaire.

Les signes d'alerte peuvent être les suivants :

  • Perte de poids
  • Un changement des habitudes alimentaires (manger moins, avoir des frénésies alimentaires, sauter des repas)
  • Parler très souvent du poids et de la forme du corps
  • Un décompte obsessif de calories
  • Avoir l’air déprimé/distant
  • Porter des vêtements amples pour cacher les changements corporels
  • Commencer à prendre de l'alcool et des drogues
  • Signes de blessures faites par la personne elle-même
  • Se plaindre d’un manque d'énergie, d'étourdissements, avoir le syndrome de l'intestin irritable

Causes des troubles alimentaires

Tous les troubles alimentaires sont influencés par l'image corporelle.  L'insatisfaction de son corps, ou de certaines parties du corps, peut entraîner un trouble alimentaire. Ce trouble alimentaire va persister aussi longtemps que la personne va tenter d'atteindre la forme corporelle et la taille souhaitées, ce qui est dans la plupart de cas inaccessible.  Ces personnes montrent souvent des signes de déni : consciemment ou inconsciemment, elles refusent d'admettre l'existence du problème. Le refus devient un obstacle très puissant contre le traitement et il va décourager la personne au moment de demander de l'aide.

  • Il n'existe pas de raison particulière pour développer un trouble alimentaire. Les différents troubles alimentaires sont liés à divers facteurs tels que:
  • L'anorexie et la boulimie : évidence d'une diminution de l'activité de la sérotonine dans le cerveau.
  • L'anorexie : due à une vulnérabilité génétique, il y a des antécédents familiaux de troubles alimentaires ou de troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
  • La boulimie peut être déclenchée par une restriction alimentaire au cours de l'enfance.
  • Les frénésies alimentaires et la boulimie peuvent être provoquées par un régime « normal ».

Caractéristiques similaires de l'abus d'une substance et d'un trouble alimentaire :

  • Ce sont des maladies chroniques
  • Ces maladies sont caractérisées par le refus, la dissimulation, les rituels et par un comportement obsessif/compulsif : il y a une préoccupation liée à la substance (par exemple les drogues, la nourriture)
  • Elles menacent la vie des malades
  • Les personnes pourraient passer d'un trouble à un autre.

Risques physiques des troubles alimentaires

  • Anorexie : Un faible poids et dans les cas de maigreur extrême, des niveaux très bas de vitamines et de minéraux ce qui entraîne un déséquilibre électrolytique. Ce déséquilibre provoque des crampes musculaires, une lente activité cérébrale et des problèmes cardiaques. Les autres conséquences de l'anorexie sont l'ostéoporose, l'anémie, la perte de cheveux, le développement d'une pilosité qui recouvre le corps, des problèmes gastriques, l'étourdissement, la constipation, l'œdème (rétention de fluides), une vulnérabilité aux rhumes et aux infections, chez les femmes la menstruation s'arrête et il y a un risque de perte de fertilité.
  • Boulimie nerveuse : Des problèmes de fertilité, des troubles gastro-intestinaux, des caries, une œsophagite, la fatigue, l'élargissement des glandes salivaires, des ongles cassants et des cheveux secs, l'étourdissement/évanouissement, des crampes musculaires et une grande faiblesse, un déséquilibre électrolytique. Certains malades de boulimie nerveuse volent à l'étalage et souffrent de kleptomanie.
  • Frénésies alimentaires : La sensation de satiété diminue ce qui amène à manger davantage, à l'obésité et à des problèmes cardiovasculaires.

Les troubles alimentaires et l'addiction

Des recherches montrent que l'addiction aux drogues et à l'alcool coexiste souvent avec les troubles alimentaires. Une étude faite aux États-Unis a découvert que de 30 à 50% de personnes souffrant de boulimie et de 12 à 18% de personnes souffrant d'anorexie sont dépendantes de l'alcool ou des drogues illégales, par rapport à neuf pour cent de la population générale. Cette étude a montré aussi que 35% de consommateurs d'alcool et de drogues ont des troubles alimentaires, par rapport à trois pour cent de la population générale. (2)

Les troubles alimentaires et l'abus de substance sont tous les deux des maladies à long terme qui ont besoin d'une thérapie intensive pour les traiter. Ils impliquent aussi des envies compulsives, une préoccupation par rapport à la substance (la nourriture ou les drogues), et des effets sur l'humour. Ces maladies sont compulsives et généralement tenues secrètes : la personne va nier l'existence du problème et va persister dans son comportement compulsif malgré les conséquences négatives sur sa santé et sur sa vie.

Lorsque la personne a en même temps un trouble alimentaire et une dépendance aux produits chimiques, il est important d'envisager un traitement dans le cadre d'un programme personnalisé de thérapie individuelle, de thérapie de groupe et de thérapie familiale pour les deux problèmes. Si le traitement ne se fait pas de cette manière, le risque de faire une rechute après le traitement augmente.

Traitement des troubles alimentaires à Castle Craig

Évaluation des patients :

À Castle Craig nous fournissons un traitement pour les patients ayant une addiction à l'alcool et aux drogues en plus d'une autre complication tel qu'un trouble alimentaire. Toute personne avec un trouble alimentaire et une chimio-dépendance seront évalués par le psychiatre consultant et par le docteur Glynis Read, spécialiste des troubles du comportement alimentaire. Cette évaluation est faite afin de déterminer si la personne est admissible. La plupart de nos patients ont seulement un trouble de faible intensité et ils souffrent de boulimie nerveuse ou des frénésies alimentaires. Il n'est pas possible d'admettre de patients ayant un poids trop bas.

L'évaluation des patients est faite d'après les tests suivants :

  • L'évaluation des attitudes vis-à-vis de l'alimentation  Ce test sert à mesurer les caractéristiques de l'anorexie nerveuse. Il a un résultat global et trois résultat partiels : Boulimie, contrôle vis-à-vis de l’alimentation et Régime .(3)
  • Le test d'enquête boulimique, créé à Edinburgh. Il s'agit d'un outil qui sert à déceler la boulimie nerveuse. Il y a deux types d'échelles : l'échelle de symptômes qui mesure les comportements envers la nourriture et le poids et l'échelle d'évaluation de l'intensité, c'est-à-dire une mesure concrète des comportements liés à la boulimie.(4)
  • Le questionnaire de la forme du corps.  C'est une échelle d'auto-évaluation.(5)
  • Le questionnaire pour déterminer la restriction alimentaire. Il sert à faire une estimation du niveau de limitation exercée au moment de manger.(6)

Orientation et thérapie

« Les thérapies cognitivo-comportementales, dans le contexte particulier d'un traitement des troubles alimentaires, sont celles qui ont le plus prouvé leur efficacité jusqu'à présent. » Docteur Glynis Read, spécialiste des troubles du comportement alimentaire, à Castle Craig.(7)

Le traitement à Castle Craig se tient parallèlement avec le programme de rétablissement en 12 étapes pour les comportements de dépendance. Les troubles alimentaires sont considérés comme des maladies, dans lesquelles un rapport obsessif/compulsif avec la nourriture entraîne une perception corporelle négative et un manque d’estime de soi. Ces faits vont à leur tour faire en sorte que le comportement persiste.

À Castle Craig, nous disposons de moyens pour évaluer les conditions des personnes ayant un trouble alimentaire. Grâce à un environnement sécurisé, où les patients bénéficient du soutien de notre personnel formé et qualifié, les premières étapes du processus de récupération deviennent une réalité. Tout au long du traitement le comportement des patients vis-à-vis de l’alimentation est étroitement surveillé et leur poids est contrôlé.

Thérapie cognitivo-comportementale

Notre thérapie pour traiter les troubles alimentaires est basée sur une thérapie cognitivo-comportementale. Cette thérapie peut se passer individuellement ou lors d’une thérapie de groupe. Les patients vont commencer par le programme en 12 étapes proposé par les Obsessive Eaters Anonymous (OEA) [il s’agit d’une association née en Irlande en 1999 et qui utilise le programme du retablissement en 12 étapes pour contribuer à la récupération des obsessions de poids ou alimentaires]. Ils vont aussi assister à des réunions organisées par les OEA durant le traitement.

La thérapie de groupe servira de base au traitement. Les groupes sont psychopédagogiques, alors ils fournissent ainsi des informations, et aident les personnes ayant un manque d'estime d’elles-mêmes. La thérapie individuelle est personnalisée, tient compte des besoins du patient et complète le travail de groupe. Avec un traitement réussi, il y aura un renforcement de l'acceptation de soi et une baisse progressive des comportements obsessifs/compulsifs.

Le régime et la préparation des repas

Les chefs préparent des repas et des en-cas sains et nutritifs Nous ne recommandons pas la consommation de sucres, ni de la farine non raffinée, car ce type de nourriture peut donner une sensation d'envie incontrôlable.  Nous répondons aux principes d'une alimentation normale, autrement dit, nos patients ont trois repas et trois en-cas tous les jours. Selon l'étape de récupération du patient, les repas pourraient être servis pour que le personnel et les patients mangent ensemble – le tout dans une ambiance amicale et attentive.

Surveillance médicale

La surveillance médicale comporte la prescription de compléments alimentaires, un contrôle d'électrolytes, des suivis du poids, des électrocardiogrammes si nécessaire.

Références :

1. DSM-IV-TR: Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 4th Edition, American Psychiatric Association, 2000

 2. Food for Thought. Substance Abuse and Eating Disorders. The National Center on Addiction and Substance Abuse at Columbia University. December 2003. Sourced: http://www.casacolumbia.org/articlefiles/380-Food%20for%20Thought.pdf on 30th March 2011.

3. Garner, D.M., & Garfinkle, P.E. 1979. The Eating Attitudes Test, AnIndex of Symptoms of Anorexia Nervosa. Psychological Medicine 9: 273-279

4. Henderson, M.& Freeman, C. 1987. A Self-Rating Scale for Bulimia.  The BITE.  B.J Psych.150: 18-24

5. Cooper, P.J. et al. 1987. The Development of the Body Shape Questionnaire.  International Journal of Eating Disorders 2: 15-34.

6. Herman CP & Mack D. 1975. Restrained and Unrestrained Eating. Journal of Personality 43 (4):: 647-60.647-60.

7. Read, G., and Morris, J. 2008, Body Image Disturbance in Eating Disorders,ABC of Eating Disorders.Ed. Jane Morris, 1843-7. Blackwell.