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Clinique de traitement de l'alcoolisme et de la toxico-dépendance

Traitement des troubles alimentaires dans un centre résidentiel de traitement

  • Les personnes ayant un trouble alimentaire ont tendance à concevoir le fait de manger d'une manière qui n'a aucun lien avec la réalité.
  • Un dénominateur commun entre les troubles alimentaires et l'addiction est le manque d'estime de soi.
  • S'entourer des personnes éprouvant un problème similaire constitue une situation très thérapeutique.

Les troubles alimentaires (anorexie nerveuse, boulimie nerveuse ou frénésies alimentaires) coexistent souvent avec une addiction. Il y a des ressemblances intéressantes entre quelqu'un ayant un trouble alimentaire et un patient avec un problème d'addiction.

Il se peut que quelques patients à Castle Craig aient des antécédents de trouble alimentaire, ou qu'ils en aient vécu l'expérience auparavant mais qu'elle ait été masquée par l'addiction.

Parfois un trouble alimentaire semble « sorti de nulle part » lorsque le patient suit un traitement de l'addiction en clinique. C'est alors qu'il est possible de voir comment les problèmes d'addiction passent à l'arrière plan, pendant que les problèmes associés à l'alimentation, à l'apparence et aux pensées dysfonctionnelles prennent le dessus.

Quelquefois, nous remarquons que le patient a un problème, mais lui est dans le déni. Le déni constitue une autre ressemblance avec l'addiction. Nous faisons des efforts pour que le patient ait la volonté d'accepter que le déni est un problème, ensuite nous encourageons le patient pour qu’il trouve la motivation d’y remédier.

Dans certains cas, le trouble alimentaire précède l'addiction. Alors, il s'agit d'une disposition qui a commencé depuis l'enfance. Ces personnes auraient dû faire très attention à leur apparence, à leur poids ou à leur estime de soi.

Nous animons un groupe consacré aux troubles alimentaires une fois par semaine lors duquel nous proposons des informations et des thérapies. Les informations abordent des sujets comme le développement des bonnes habitudes alimentaires, l'image corporelle et les conséquences de la boulimie ou de l'anorexie. Ces informations ne restent pas dans un contexte très théorique, nous parlons de leurs propres histoires.

L'expérience d'être entouré par des personnes ayant des problèmes similaires, ainsi que de pouvoir leur faire confiance et leur ouvrir son cœur, constitue une situation très thérapeutique. Les patients constatent qu'il y a d'autres personnes qui sont dans une étape plus avancée de leur traitement et cela leur donne de l'espoir.

La thérapie cognitive représente un autre aspect thérapeutique : elle consiste à restructurer la pensée du patient par rapport à l'alimentation, au corps et à l'estime de soi. Le terme « restructurer » signifie que nous enseignons aux patients la manière dont ils peuvent identifier les pensées négatives automatiques concernant l'alimentation, le poids et l'image de soi.

Une fois que les patients ont réussi à identifier ces pensées, ils les défient et les remplacent par des pensées plus positives et plus orientées vers la récupération. Ces pensées pourraient être la suivante : « Je suis grosse et moche! Je ne serai heureuse que si je perds 10 kilos supplémentaires. »

Ceux qui ont subi un trouble alimentaire pendant longtemps ont tendance à considérer l'alimentation d'une manière qui ne reflète pas la réalité : c’est ce que l'on appelle une pensée chimérique. Ce type de pensée est profondément ancré et elle est en relation avec le déni. Lorsque les patients sont confrontés avec les preuves démontrant que leur pensée est fausse, ils s'y accrochent pourtant.

Prenons cet exemple : « Il faut que je réduise ma taille pour faire du 38, alors je me sentirai bien dans ma peau! » Si cette personne perd du poids et réussi à atteindre cette taille, la pensée suggérerait que la personne se sent en fin bien dans sa peau et que le besoin de perdre du poids va disparaître. Mais en fait ce n'est pas le cas :

D'abord, à court terme, la personne se sent mieux dans sa peau grâce au sentiment d'accomplissement : « J'atteins mon objectif et j'ai le contrôle de mon corps ». À long terme, la personne va éprouver le même sentiment négatif qu'avant.

Un dénominateur commun entre les troubles alimentaires et l'addiction est le manque d'estime de soi. Cette pensée se développe ainsi : « Je n'ai aucune valeur. Je ne suis pas assez bon. » Les personnes peuvent sentir qu'elles perdent le contrôle, comme s'ils n'étaient plus responsables de leur propre vie. Elles vont donc essayer d'avoir le contrôle sur ce qu'ils mangent, de leur corps, ou elles vont tenter de fuir en prenant des substances intoxicantes.